Histoire

Histoire du quartier

Vous trouverez dans le lien suivant Chemin faisant  l’histoire du quartier racontée par le nom des rues.

Le quartier des Amidonniers fut longtemps un lieu de pacage pour les paysans de Toulouse. Au Moyen-Age, l’industrie minotière va occuper une place prépondérante puisque les moulins du Château et du Bazacle sont considérés comme le plus grand complexe minotier d’Europe (41 meules au Bazacle en 1863 et une soixantaine d’ânes pour les livraisons). De plus, le secteur des Amidonniers, en aval de la ville, est alors occupé et ce jusqu’à la période moderne par de multiples installations industrielles, profitant du canal de sortie du moulin du Bazacle.

Toulouse, qui possédait des terrains sur la rive droite du canal de fuite du Bazacle, les inféoda à divers fabricants d’amidon à partir de 1784. Ceux-ci avaient été chassés des autres quartiers, notamment de l’île de Tounis, pour des problèmes de pollution. On créa une rue pour leur service; le premier à s’établir fut le sieur Lagarde.

L’espace compris entre la rue des Amidonniers et l’allée de Brienne fut habité par une population ouvrière. Au début, on appela ce quartier, sillonné de rues mal alignées, le quartier del chagrin : en effet, beaucoup d’acquéreurs de petites parcelles n’avaient pu les payer qu’avec difficulté, sous la menace d’être expropriés. Plusieurs centaines d’ouvrières, généralement pauvres, habitaient là, et l’on disait :

Lasfillos des Amidouniès
An pas dé souliès as pès
Lé dimentché ban dansa
Lé dilus an pas de pa.
Les filles des Amidonniers
n’ont pas de souliers aux pieds
Le dimanche elles vont danser
le lundi elles n’ont pas de pain

La rue des Amidonniers, créée après 1784, s’appela d’abord la rue Neuve du Bazacle puis, un temps, rue Probité. Le nom qu’elle porte actuellement fut étendu en 1947 au chemin de l’Embouchure qui lui faisait suite.

Le pont des Amidonniers désigna d’abord l’actuel pont des Catalans, puis le pont sur le canal de Brienne qui prolonge l’avenue Paul-Séjourné.

 

La baloche du quartier, le dernier dimanche de septembre, se tenait autrefois sur la place de l’Héraclès. Au début du siècle un ginguette fut installée à l’intersection des allées qui longent le canal de Brienne et le canal du Midi.

1898-1914 : Arènes des Amidonniers

En décembre 1897, on conçut le projet de construire des arènes aux Amidonniers (75, allées de Brienne). Elles étaient en bois, mais couvertes et d’assez grande capacité (8000 places), et furent inaugurées les 28 mai 1898 pour … la fête des Jeux Floraux. De 1898 à 1914, plus de six cent taureaux y furent tués. On y donna aussi des spectacles de théâtre (le 9 juillet 1906 « Guilaume Tell », le 21 juin 1908 « les Huguenots »). Il est vrai qu’on pouvait y installer une scène de 14m sur 16 surmontée d’une tente que supportait un mât de 22m, la Société mutuelle des Voyageurs de commerce en étant l’organisateur.

Il s’agit sans équivoque de l’une des époques la plus glorieuse de la tauromachie toulousaine, certaines saisons connurent plus de dix corridas ; toutes les légendes taurines de la Belle Epoque passèrent par ces arènes, Antonio GUERRERO «Guerrito », Rafael GUERRA «Guerita », Antonio FUENTES, Rafael GONZALEZ «Machaquito » ou Vicente PASTOR. Plus de six cent taureaux furent présentés dans cette place, face à soixante dix matadors. Il s’agissait d’un vrai pôle d’attraction de la vie publique locale mais la guerre de 1914 mis brutalement fin à cette épopée.

Après la guerre, don Salvador ALCALA, impresario barcelonais, et l’ingénieur IBARRA édifient une nouvelle plazza aux Amidonniers, en maçonnerie de brique, de 5200 places. L’inauguration a lieu le 14 juillet 1921. Mais mal construits, les gradins s’affaissèrent. Le 28 février 1924, les arènes sont venduers aux enchères, et démolies en 1925.

1907-1910 : Les bateaux mouches à Toulouse

En 1907 fut inauguré en grande pompe le premier bateau mouche de Toulouse. Ce bateau appareillait depuis le port de l’Embouchure et faisait la liaison en vingt minutes avec le somptueux parc de Lalande où les Toulousains pouvaient prendre du bon temps. Ce moyen de transport, idéalement couplé avec le tramway des allées de Brienne attira de nombreux Toulousains. Malheureusement, le déclin fut à la hauteur du succès et c’est dès 1910 que disparurent les bateaux mouches.

 

Le vélodrome des Amidonniers

Le quartier compta également un vélodrome au début du siècle. De ce vélodrome, il ne subsiste aujourd’hui que la rue du même nom.

La Manufacture des Tabacs

Suite au rétablissement par Napoléon 1er du monopole de l’Etat sur l’achat des feuilles, la culture, la fabrication et la vente des tabacs, l’administration des Tabacs acquière en 1810 une ancienne filature située non loin de l’écluse Saint Pierre pour la transformer en Manufacture des Tabacs. Cette usine aura un rôle prépondérant dans le paysage industriel de la ville et ce jusqu’à l’arrivée de l’industrie aéronautique. La manufacture produisit tous types de tabacs jusqu’en 1973 et conserva une activité administrative jusqu’en 1987. Sauvée de la démolition, elle a été rénovée et est occupée depuis 1996 par l’Université des Sciences Sociales.

(Un dossier très complet sur l’Histoire de la Manufacture des Tabacs en provenance de l’Université des Sciences Sociales)

 

Références 

  • Pierre SALIES, « Dictionnaire des rues de Toulouse« , Éditions Milan, Toulouse
  • Christian MAILLEBIAU, « Toulouse au fil de l’eau« , Editions Alan Sutton
  • « Les quartiers de Toulouse » – Amidonniers Lascrosse », Collection « 129 Itinéraires du patrimoine »
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